Conseil régional de Lorraine, séance plénière du 26 novembre 2009 Budget primitif 2010, intervention de Thierry Gourlot Président du groupe « Front National ».

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs

Dernier budget de notre mandat. Un mandat qui aura vu une transformation en profondeur de l’institution régionale. De la Lorraine certes, mais de l’ensemble des régions françaises en tant qu’objet politique.
Inaugurée avec les lois de décentralisations du gouvernement Raffarin, notre mandature a vu le Conseil régional passer d’un organisme planificateur au service de l’aménagement du territoire au rôle d’administration globale de gestion sociale. Changement considérable…avez-vous été à la hauteur ?
Vous avez augmenté les impôts, augmenté les taxes, fait exploser la dette.
Pendant ce temps le chômage s’est accru, les entreprises ont fermé, les lorrains se sont appauvri.
C’est la réalité de votre bilan. Les simples faits.
Pour votre défense vous invoquerez une décentralisation mal faite, des dotations de l’Etat qui ne suivent pas, une conjoncture économique désastreuse. Ce sont des arguments recevables dans la bouche d’un fonctionnaire, d’un gestionnaire. Pas dans celle d’un homme politique président d’un Conseil régional dont le rôle est de construire le réel.
Vous avez été candidat devant les Lorrains en leur faisant croire que vous pouviez peser sur leur quotidien… Et effectivement tel est votre rôle : créer les conditions objectives de l’épanouissement collectif.
Vous avez tous les outils pour cela, ce qu’il vous faut c’est du courage, du travail et de la volonté. Si vous n’en avez plus, si le fatalisme a gagné vos esprits, tout le monde peut le comprendre, mais ayez la décence d’en tirer les conclusions. Il vous manque de l’enthousiasme. Aujourd’hui vous gérez la misère, vous instrumentalisez la misère.
Et j’en profite pour entrer dans le vif du sujet.


1. Des impôts pourquoi faire ?

Je suis encore consterné par la question affligeante de la page 5 de votre exposé des motifs. Je la cite pour le plaisir « est ce avec moins d’impôts qu’on pratique la politique la plus équitable pour les citoyens et les territoires ».
Les Lorrains sont prévenus pour 2011 !
Quant aux « critiques » que vous évoquez page 5 qui « par principe prônent de façon sempiternelle le moins d’impôts », et bien nous assumons ce qualificatif plus que l’UMP qui vote contre les budgets mais pour toutes les dépenses ! Vous savez bien, Monsieur le Président que le Front national est la seule vraie opposition cohérente.

Je me permets de faire un bref rappel de la situation : en 5 ans de 2002 à 2007 la Lorraine a perdu 29 000 emplois industriels. En 2000 il y avait 190 000 ouvriers, en 2006 :160 000, je suis sûr aujourd’hui que nous sommes passés au dessous de la barre des 150 000.
Au niveau de l’emploi général, la Lorraine a perdu 10 000 postes entre 2000 et 2006.
Dans le secteur agricole, c’est 10% des effectifs qui ont été perdu en 5 ans entre 2001 et 2006. 10% en 5 ans.
Donc ça, c’est le bilan de votre région où les impôts sont censés faire des politiques équitables pour les citoyens et les territoires !
Dans le même temps, dans un pays où il n’y a pratiquement pas d’impôts, qui s’appelle le Luxembourg, l’emploi des travailleurs français a été multiplié par 3 en 20 ans. En 1990, 30 000 lorrains travaillaient au Luxembourg, aujourd’hui ils sont 73 000.
En résumé, dans la Lorraine socialiste, on est très fier de créer des impôts, même s’il faut pour cela créer du chômage.
Etes-vous sûr M. le Président, que c’est le mandat que les Lorrains vous ont donné ?
Ou est ce que l’objectif de votre majorité, aux conceptions politiques archaïques, est de faire de cette région un désert économique peuplé d’oisifs maintenu sous perfusion sociale.
Mais alors que faites vous de la dignité humaine ? Ce que les Lorrains vous demandent ce n’est pas de l’assistanat, ce ne sont pas des bourses Erasmus, des festivals des « frontières et des hommes » avec des approches pluridisciplinaires pour 180 000 euros, des aides complètement hors compétence au dispositif « Solidarité Internationale » pour 600 000 euros, ce ne sont pas non plus des politiques d’aides à des projets fumeux comme je cite page 33 « poursuite de la politique d’aides à la réalisation de projets associatifs d’accès à la citoyenneté » ou encore « poursuite de la politique d’aides aux actions de communication et de sensibilisation » .
Ce que je vous reproche M. le Président, c’est le clientélisme dont vous faites preuve au profit d’associations dont le critère est moins l’intérêt régional que la proximité idéologique et philosophique quant elles ne sont pas communautaristes en violation des lois républicaines de séparation des Eglises et de l’Etat.
Or, ce que les Lorrains vous demandent c’est de l’emploi…
Les Lorrains veulent travailler… Nombres de vos productions culturelles exaltent la fierté de l’ouvrier dans la métallurgie, dans les mines… Mais plus personne ne se paie de mots !
La fierté doit être rendue ici et maintenant aux enfants de ces ouvriers.
Vous en avez le pouvoir, nous vous demandons, un retour au réel pour briser vos a priori : non Monsieur Masseret, les impôts aujourd’hui dans la Lorraine socialiste ne créent pas des politiques plus équitables pour les citoyens, ils ne créent que du chômage… Il n’y a qu’à comparer avec le Luxembourg.
Et ils créent du chômage pour une raison simple, c’est qu’en réalité vous ne menez pas une politique de redistribution : vous équilibrez les injustices.
Les très grandes fortunes échappent à l’impôt par des techniques d’évasion fiscale éprouvées, seuls les Français moyens paient réellement les taxes qui grèvent leur existence quotidienne sans profit. Car ces impôts ne servent qu’à assurer le salaire des techniciens de la régulation de la misère, c’est-à dire certains fonctionnaires, et l’argent de poche du volant de chômage indispensable au capitalisme mondialisé.
La réalité de votre politique fiscale est antisociale.

2. Des recettes bancales.

Est-ce la peine que je développe sur les recettes de fonctionnement ? Cela ne me servirait qu’à vous dire que vos taux sont trop élevés, qu’ils asphyxient la croissance des entreprises, qu’ils privent les travailleurs du résultat de leur travail…
Et vous me répondrez une fois de plus que vous n’y êtes pour rien, que c’est la faute de l’Etat, que payer des impôts ce n’est pas si grave que ça.
Quand aux recettes d’investissements, là encore, j’ai l’impression que nous sommes les seuls, au groupe Front national, à nous émouvoir des taux d’endettement.
Pour le budget 2010, vous nous proposez 140 millions d’euros, nous étions à 98 millions d’euros en 2009.
Au total, notre dette en capital s’élève au 1er janvier 2010 à 460 millions d’euros.

3. Dépenser plus et dépenser mal…

Quant aux dépenses, je trouve particulièrement orientée/vicieuse votre présentation consistant à faire croire que les différentes allocations attribuées par la région aux enfants des écoles, aux apprentis, aux lycéens, sont des gains de pouvoir d’achats…
A la base de ces allocations, il y a de l’impôt. C'est-à-dire soit de l’argent pris aux travailleurs, soit de l’argent pris aux employeurs…
Donc à la base il n’y a que la confiscation des fruits du travail… Ce qui signifie que si vous n’aviez pas pris cet argent sous forme d’impôts, il serait resté dans la poche de ceux qui vont finalement le percevoir.


Au titre des dépenses faramineuses, augmentant sans cesse d’une année sur l’autre sans qu’on ne comprenne la raison réelle de cette croissance, les dépenses de communication se posent là… Avec 5,2 millions d’euros, elles atteignent un niveau inédit. Elles représentent, et de loin, le premier poste de dépense du chapitre 930, relatif à la vie de l’institution régionale…
A quoi sert d’autant communiquer ? Avec un physique comme le votre, Monsieur le Président, il n’est pourtant pas besoin de se vendre ! Vous êtes un as de la séduction, non, on vous donnerait le bon Dieu sans confession !
Autant dire que cette communication hollywoodienne sert surtout à vous aider à vendre l’impôt !
Mais l’impôt, même emballé dans du beau papier démagogique reste un cadeau empoisonné…

Et que dire de votre obsession pour l’environnement, unique bouée de secours d’une gauche asphyxiée idéologiquement et structurellement.
Vous masquez votre échec politique par un recours systématique au développement durable : on le retrouve à toutes les sauces, du développement local au développement des entreprises.
Ce que je vous reproche Monsieur Masseret, ce n’est pas votre inquiétude sur l’avenir du climat de la terre mais votre recours systématique, quasi obsessionnel de l’argument écologique comme cache misère de votre politique budgétaire inconséquente.
Ma consternation est à son paroxysme quand je vois l’utilisation discriminatoire que vous en faites dans les domaines du développement local et du développement des entreprises :
Je cite page 34 « une priorité sera apportée à tous les dossiers portés par l’échelon local qui contribueront à une meilleure prise en compte des priorités du développement durable ».
De même page 43 « les aides à l’investissement seront refondues selon le principe d’éco incitativité et les aides à l’immobilier seront limitées aux bâtiments intégrant une forte exigence environnementale ».
Est-ce cela une politique équitable ? Une politique où les entreprises ayant la possibilité financière de faire un effort écologique devient prioritaire ? Où les autres entreprises ne pouvant se permettre ce luxe d’écolo bourgeois seraient relégué au second plan ?

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Voici donc le dernier budget de ce mandat…à l’avenant des précédents, sans souffle, sans ambition, sans désir ni volonté de peser sur le réel, de transformer la situation sociale, la situation de l’emploi, les rapports de production pour le bien-être et la dignité de l’ensemble des Lorrains…Un budget que nous ne voterons pas davantage que les précédents…
Mais un budget que nous aurons la conséquence d’attaquer tout au long de son application au cours du premier trimestre 2010…à la différence de l’UMP, qui, comme d’habitude proteste pour la forme et les caméras…et approuvera finalement, au long des prochaines commissions permanentes, toutes les politiques socialistes, et leurs conséquences…lassitude ? Incompétence ? Inconséquence ? Non pire, COMPLICITE…. Le fait est que ce n’est certainement pas cette droite là, Louis-Philipparde et timorée, qui pourra emporter les prochaines élections régionales…
Cette droite donneuse de leçon en matière budgétaire, qui oublie que lorsque M. Sarkozy était ministre du budget de 93 à 95, l’endettement public de la France a atteint un record en passant de 2000 à 3000 milliards de F en l’espace de 2 ans.
Cette droite qui plagie sans vergogne le programme du Front National avec l’intention de ne jamais l’appliquer espérant ainsi échapper à la déculottée électorale : d’où sans doute, la proposition de Loi d’une députée UMP d’interdire la fessée.
Alors…qui retrouverons-nous au mois de mars prochain, à cette tribune présidentielle ? Aux Lorrains de trancher, en conscience et selon leur sens des responsabilités, en mettant, je l’espère, un peu de fraternité dans leur vote…c’est-à-dire en pensant à tous les Lorrains, et notamment à ceux qui souffrent le plus. A ceux, comme disait Jean Jaurès, à qui, il ne reste plus que la Patrie…


Je vous remercie.

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   Budget primitif 2009 :

intervention de Jean-Luc MANOURY - Groupe Front National


Monsieur le Président,
Chers collègues,

C’est en écoutant les arguments de l’UMP et du PS que m’est revenu en mémoire la chanson de Gavroche dans les Misérables de Victor HUGO : « je suis tombé le nez par terre c’est la faute à voltaire, le nez dans le ruisseau c’est la faute à Rousseau ».

Pour les uns le Président de la région Lorraine a appliqué scrupuleusement le programme socialiste : plus d’impôts, moins d’investissements, plus de fonctionnement en rejetant systématiquement sa responsabilité sur l’Etat.

Il est vrai que les dépenses de fonctionnement sont passées de 160 à 264 euros, de 2004 à 2008 et que vous écrivez que la dette représentera 305 Euros par habitant en 2010 à comparer comme vous le dites malicieusement aux 1751 Euros par habitant d’une grosse agglomération lorraine.
Il s’agit certainement de la bonne ville de Nancy dont Laurent HENART l’outsider à la tête de la région lorraine est le 2ème adjoint au maire.

Avec, un budget de l’Etat, au 31 août 2009 atteignant un déficit abyssal de 127,6 milliards d’euros contre 67,6 milliards un an plus tôt, l’U.M.P est bien mal placé pour donner des leçons de rigueur budgétaire.

Vous regrettez page 5 que votre majorité n’ait pas mobilisé davantage de fiscalité à son arrivée.

Heureusement que vous n’êtes que le duc de Lorraine et non pas le roi de Septimanie comme votre collègue Georges FRECHE (un nom prédestiné pour dépenser l’argent des contribuables). En effet le président de la région Languedoc-Roussillon qui le 19 avril 2005 avait défini sa conception de la politique : « deux ans d’impopularité, deux ans de calme et deux ans avec des fleurs et des petits oiseaux, et vous êtes réélu » a augmenté le foncier bâti et la taxe professionnelle de 87% entre 2004 et 2008 alors que pendant la même période, les mêmes taxes en Lorraine n’avaient augmenté que de 38%.

Bref que ce soit la faute à Rousseau , à Sarkozy, à Voltaire ou à Masseret, la gauche et la droite depuis 25 ans chantent sur la même musique et parfois d’une même voix , les mêmes cantiques louant l’Europe de Bruxelles, le marché mondial et la politique supranationale contre la politique de protection et d’indépendance nationale, du respect de la nation avec ces hommes et ces femmes qui participent par leur travail à la prospérité de celle-ci.

Aujourd’hui c’est le peuple qui paye l’addition de vos utopies et de vos erreurs communes qu’elles soient volontaires ou involontaires.

La crise économique et sociale est bien là et le budget primitif 2010 doit se construire dans ce contexte d’augmentation du chômage avec au plan financier comme le dit le Président de la Cour des Comptes « des modes de compensations par l’Etat des transferts de compétences fluctuants et le plus souvent jugés insuffisants par les collectivités territoriales ».

De plus en filigrane, il y a l’incertitude de la réforme de la taxe professionnelle avec une Contribution Economique Territoriale divisée en deux blocs d’une part une Cotisation Locale d’Activité (CLA) assise sur le foncier et l’immobilier et d’autre part une Cotisation Complémentaire (C.C) calculée sur la valeur ajoutée qui pourrait rapporter 11,4 milliards d’euros aux régions. En basant le calcul sur la valeur ajoutée, l’impôt va être aligné sur les cycles économiques comme c’est le cas sur les sociétés .En raison de la crise économique, l’Etat a vu l’impôt sur les sociétés diminuer de 30 milliards fin 2009 et demain les collectivités locales seront exposées au même risque de contraction .Ils devront donc recourir de nouveau à l’emprunt pour adoucir les cycles économiques.

Il faut donc maitriser les dépenses par une stricte politique d’économies.
Mesdames et messieurs les socialistes, dans votre gestion de la Région vous auriez dû faire ce que des milliers de lorrains, ouvriers, salariés, cadres, chômeurs, jeunes et retraités font déjà au quotidien : vous serrer la ceinture !

Par conséquent, nous préconisons la suppression de la clause générale de compétence afin d’empêcher la région d’intervenir dans tous les domaines comme la coopération internationale qui est une compétence régalienne.

Axons nos efforts sur le développement économique et j’observe avec satisfaction, que de 2009 à 2010, le budget de la recherche et de l’innovation va augmenter de 30,3% mais je constate aussi un recul de 24,3% de l’aide aux entreprises.

Augmentons la lisibilité des actions régionales comme par exemple, le dispositif DILA qui a été présenté dans cette enceinte comme une panacée et qui est aujourd’hui abandonné.

La Région lorraine pourrait faire émerger un pôle européen du développement durable en profitant de sa position de carrefour entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest.

Merci, de m’avoir écouté à défaut de m’avoir entendu.

Demain président, nous serons encore présents, pour faire entendre la voix du peuple, dans cette enceinte régionale et pour représenter tous ces lorrains que vous avez laissés au bord du chemin. Votre âge mur président qui est normalement celui de la sagesse est le plus beau de tous. On est assez vieux pour reconnaître ses erreurs mais l’on est aussi assez jeune pour en commettre d’autres.

Je vous remercie